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Rentrée de l'Aïkido Club Courbevoie le 10 septembre 2016

A bientôt sur les tatamis

Aikido Club de Courbevoie : décès de Pascal Norbelly

Pascal Norbelly n'est plus.

Son décès était impensable et pourtant l'impensable est survenu. Pascal avait des qualités immenses. Son intelligence était très fine et il avait un point de vue extrêmement pertinent en aïkido bien évidemment mais également dans de nombreux domaines. Son analyse des mouvements d'Aïkido, de la personnalité des uns et des autres montrait à quel point sa pensée était féconde. Il n'est pas fréquent, même en aïkido qui est considéré comme étant un art martial où le quotient intellectuel au mètre carré est supérieur aux autres activités martiales, de rencontrer une personne ayant cette finesse d'esprit.

S'ajoutent à cela des qualités humaines qui le faisaient apprécier non seulement de ses élèves, ce qui est logique mais également de tous ceux qui le côtoyaient ou simplement le croisaient. Il faisait preuve d'une empathie et d'un désir d'aider les autres sans cesse renouvelé, inlassablement, devant chaque nouvelle personne et bien évidemment à ceux qu'il côtoyait depuis longtemps. Il était fidèle en amitié et son cercle d'amis grandissait année après année. Il avait une délicatesse infinie dans le rapport avec les autres, ayant toujours des propos mesurés.

Nous avons tous de multiples moments vécus avec Pascal. Un me revient en mémoire. J’ai toujours considéré les grades avec un certain recul, pour ne pas dire plus. Dans les arts de combat, les premières minutes d’une confrontation sont capitales et si votre adversaire vous sous-estime car il a un grade plus important, c’est un avantage : vieux mythe du guerrier sans grade qui terrasse le superbe officier dans son bel uniforme. Pendant plus de 20 ans, j’ai réussi à pratiquer sans passer de dan profitant des déménagements et changements de clubs pour les éviter. Mais à la longue, sous la pression amicale des autres pratiquants, j’ai finalement le quatrième Dan. Sujet un peu récurrent de nos discussions, Pascal me demandait pourquoi je n’étais que quatrième Dan. Je lui donnais comme argument, selon les jours, Shakespeare, Montesquieu, les fables de La Fontaine et même un film de Kurosawa. Il me parlait de mes capacités, de « je ne sais plus quoi » mais je balayais tout et ne l’écoutais pas. La dernière fois que nous en avions parlé, il m’avait dit qu’il suffisait de demander… « Justement je ne demande rien ». Je sentis alors chez lui un désarroi, un sentiment d’impuissance, une empathie et je compris alors que cette discussion que nous avions n’était pas simplement rhétorique mais qu’elle était le reflet d’un sentiment de bienveillance à mon égard. Cette petite intonation de sa voix, son regard m’avait révélé tout cela. Je me sentis alors confus et un peu honteux de ne pas avoir compris quel était le vrai sens de son interrogation et de l’inanité de mon argumentation. Peu de temps après, je me renseignais sur ces fameux hauts grades. Je ne sais pas si un jour j’aurais ce cinquième Dan mais si je l’obtiens, je saurais où il faudra que je l’apporte et où me recueillir.

Pascal, alors qu'il était déjà 6e Dan, avait cette simplicité et cette sincérité de l'engagement dans la pratique qui lui faisait dire en allant à un stage de Christian Tissier qu'il n'était qu'un élève qui suivait son maître.

Nous continuons à avancer dans la vie, dans notre chemin de la pratique, non pas seul mais sans sa présence réconfortante, chaleureuse et éclairante.

A sa famille, à ses proches, nos sincères condoléances.

Philippe

 

pierre norbelly

pascal 12 fille et moi